Réponses aux demandes d'information

​​​Les réponses aux demandes d’information (RDI) sont des rapports de recherches sur les conditions dans les pays. Ils font suite à des demandes des décideurs de la CISR.

La base de données contient les RDI en français et anglais archivées depuis sept ans. Les RDI antérieures sont accessibles sur le site Web European Country of Origin Information Network.

Les RDI publiées par la CISR sur son site Web peuvent contenir des documents annexés inaccessibles en raison de problèmes techniques et peuvent inclure des traductions de documents initialement rédigées dans d'autres langues que l'anglais ou le français. Pour obtenir une copie d'un document annexé et/ou une version traduite des documents annexés de RDI, veuillez en faire la demande par courriel.

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Les réponses aux demandes d'information (RDI) citent des renseignements qui sont accessibles au public au moment de leur publication et dans les délais fixés pour leur préparation. Une liste de références et d'autres sources consultées figure dans chaque RDI. Les sources citées sont considérées comme les renseignements les plus récents accessibles à la date de publication de la RDI.    

Les RDI n'apportent pas, ni ne prétendent apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile donnée. Elles visent plutôt à appuyer le processus d'octroi de l'asile. Pour obtenir plus de renseignements sur la méthodologie utilisée par la Direction des recherches, cliquez ici.   

C'est aux commissaires indépendants de la CISR (les décideurs) qu'il incombe d'évaluer les renseignements contenus dans les RDI et de décider du poids qui doit leur être accordé après avoir examiné les éléments de preuve et les arguments présentés par les parties.    

Les renseignements présentés dans les RDI reflètent uniquement les points de vue et les perspectives des sources citées et ne reflètent pas nécessairement la position de la CISR ou du gouvernement du Canada.    

22 février 2013

LBR104303.F

Libéria : information sur la situation des femmes célibataires ou divorcées qui vivent seules, particulièrement à Monrovia; information indiquant si elles peuvent obtenir un emploi et un logement; services de soutien qui leur sont offerts

Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, Ottawa

1. Information sur la situation des femmes seules

Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches a trouvé peu d’information sur la situation des femmes célibataires ou divorcées qui vivent seules au Libéria.

Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, une professeure d'anthropologie et d'études africaines et latino-américaines à l'Université Colgate dans l'État de New York, qui a publié des études sur le Libéria et fait des recherches sur le terrain, a expliqué que quoiqu'il n'y ait pas d'entraves légales ou coutumières à ce qu'une femme célibataire, veuve ou divorcée vive seule au Libéria, particulièrement à Monrovia, ce serait plutôt [traduction] « inhabituel » (professeure 13 févr. 2013). Elle a néanmoins souligné qu'il est courant et accepté que des femmes, en particulier dans les centres urbains mais aussi dans les zones rurales, soient à la tête de ménages ou de familles (ibid.). Selon un recensement réalisé en 2008 par l'Institut de statistiques et d'information géographique du Libéria (Liberia Institute of Statistics and Geo-Information Services), en milieu urbain, environ 30 p. 100 des ménages étaient dirigés par des femmes et en milieu rural, ils étaient environ 24 p. 100 à être dirigés par des femmes (Libéria déc. 2011, tableau 1.4.1).

Dans un entretien téléphonique avec la Direction des recherches, un chercheur principal et professeur agrégé à l'Institut d'Afrique du Nord (Nordic Africa Institute), situé en Suède, qui étudie l'Afrique de l'Ouest, incluant le Libéria où il a fait des recherches sur le terrain, et dont les sujets d'intérêt incluent les questions liées au sexe, a affirmé que c'est [traduction] « relativement habituel » pour les femmes de vivre à l'extérieur de leur famille immédiate à Monrovia, mais que ce n'est pas le cas à la campagne (12 févr. 2013). Cependant, le chercheur a ajouté qu'une femme n'aurait généralement pas tendance à vouloir vivre seule mais plutôt à s'intégrer dans un voisinage ou à se faire accueillir dans une [traduction] « famille » étendue, qui n'est pas nécessairement composée de personnes avec laquelle la femme a des liens de parenté (chercheur 12 févr. 2013). La professeure a également déclaré que [traduction] « les liens de parenté sont très flexibles et souvent inventés, et que les gens se créent des réseaux qui fonctionnent comme des familles, simplement basés sur le fait de vivre à proximité l'un de l'autre » (13 févr. 2013).

Le chercheur principal (12 févr. 2013) et la professeure d'anthropologie (13 févr. 2013) ont tous deux signalé que les Libériens préfèrent généralement vivre en communauté. La professeure a expliqué qu'il serait [traduction] « hautement inhabituel […] tant pour un homme que pour une femme, de vivre complètement seul dans le sens américain ou nord-américain du terme » (ibid.). La professeure a ajouté que [traduction] « depuis la guerre, [civile, qui s'est terminée en 2003], il y a une préférence marquée parmi des groupes de gens, même ceux qui n'ont aucun lien de parenté, de vivre ensemble afin de s'assurer une protection mutuelle » (ibid.). Selon elle, il arrive souvent, surtout en milieu urbain, que des personnes louent ensemble une chambre individuelle d'un propriétaire de maison et vivent en communauté (ibid.). D'après la professeure, les femmes, comme les hommes, jouissent d'un plus grand prestige selon le nombre de personnes qui dépendent d'elles et peuvent facilement se constituer des ménages en accueillant des personnes plus jeunes, avec qui elles ont ou non des liens de parenté, ou des pensionnaires (ibid.).

La professeure a par ailleurs noté qu'en raison des effets de la guerre sur les habitations, les logements sont très peuplés à Monrovia (ibid.). Selon le recensement de 2008, environ 38 p. 100 des ménages dirigés par des femmes vivent dans des logements ne disposant pas des commodités de base, comparativement à environ 32 p. 100 des ménages dirigés par des hommes (Libéria déc. 2011, tableau 1.4.3).

Selon le chercheur, certaines femmes pourraient toutefois avoir [traduction] « un peu plus de difficulté » à vivre indépendamment, par exemple si elles sont musulmanes ou membres de communautés pentecôtistes « plus extrémistes » (chercheur 12 févr. 2013). Cependant, d'après lui, ces difficultés sont amoindries dans les centres urbains puisqu'il y est plus facile de vivre seul (ibid.).

1.1 Sécurité

La professeure (13 févr. 2013) et le chercheur (12 févr. 2013) ont aussi souligné qu'en plus des raisons culturelles, les femmes ne vivent pas seules pour des raisons de sécurité. La violence à l'égard des femmes est très répandue au pays (Nations Unies nov. 2012; Small Arms Survey sept. 2012, 1; É.-U. 24 mai 2012, 15). Selon la professeure, une femme habitant seule serait [traduction] « très vulnérable » (13 févr. 2013).

1.2 Femmes divorcées ou veuves

Selon le chercheur, il y a [traduction] « beaucoup » de femmes divorcées ou « officieusement » divorcées ou séparées au Liberia, et les femmes divorcées ont tendance à vivre avec leur famille ou leur famille étendue (chercheur 12 févr. 2013). Selon lui, il peut y avoir des situations où des hommes bloquent ou tentent de bloquer l'accès à des réseaux sociaux partagés (ibid.). Le chercheur a également déclaré qu'il est plus difficile pour une femme de vivre indépendamment si elle est économiquement dépendante de son conjoint ou de la famille de son conjoint (chercheur 12 févr. 2013). Il a noté qu'il était est nécessaire d'avoir un revenu afin de subsister, car il n'existerait pas de système de sécurité sociale au Liberia (ibid). Parmi les sources qu'elle a consultées, la Direction des recherches n'a pas trouvé d'information appuyant cette déclaration.

Le chercheur a également signalé que, dans certains cas, lors du décès de leur époux, des veuves peuvent être victimes d'accusations de [traduction] « sorcellerie » (ibid.). D'après lui, ces accusations risquent davantage de survenir si l'époux était bien nanti, mais que la veuve ne l'est pas (ibid.). Parmi les sources qu'elle a consultées dans les délais fixés, la Direction des recherches n'a pas trouvé d'autre information allant dans le même sens que celle fournie par le chercheur principal.

2. Emplois et accès aux services

Selon la professeure d'anthropologie, il n'existe pas de barrières officielles à ce que des femmes seules puissent obtenir des emplois ou des services bancaires (13 févr. 2013). Le chercheur a également souligné que rien n’empêche les femmes d’ouvrir des comptes bancaires ou d’obtenir des services, et que les qualifications sont plus importantes que l'appartenance à l'un ou l'autre sexe afin de décrocher un emploi (12 févr. 2013). Cependant, selon la professeure, les femmes au Libéria sont [traduction] « statistiquement » désavantagées en matière d'éducation, d'expérience et de contacts nécessaires pour obtenir un emploi (13 févr. 2013). Le chercheur a également affirmé qu'il était nécessaire d'avoir un bon réseau social afin d'obtenir un emploi (chercheur principal 12 févr. 2013). Selon lui, même une personne très scolarisée aura de la difficulté à obtenir un emploi si elle n'a pas un bon réseau social (ibid.). Le chercheur a aussi déclaré que c'était plus difficile pour les femmes d'avoir des droits fonciers, principalement en milieu rural (ibid.). Cité dans un article des Réseaux d'information régionaux intégrés des Nations Unies, un représentant du Conseil norvégien des réfugiés (Norwegian Refugee Council - NRC) affirme également que les femmes n'ont pas des droits égaux d’accès à la terre et que le droit coutumier ne protège pas complètement les femmes dans des différends liés à la propriété foncière (Nations Unies 17 mai 2010).

Selon une enquête réalisée en 2010 par l'Institut de statistiques et d'information géographique du Libéria, environ 60 p. 100 des femmes occupent un emploi, comparativement à environ 66 p. 100 des hommes (Libéria déc. 2011, tableau 1.3.4). Environ 87 p. 100 des femmes présentes sur le marché du travail occupent un emploi précaire, comparativement à 68 p. 100 des hommes en emploi (ibid.). L'enquête montre également qu'environ 75 p. 100 des femmes occupent un emploi dans le secteur informel, comparativement à environ 61 p. 100 des hommes (ibid.).

3. Services de soutien

Parmi les sources qu'elle a consultées, la Direction des recherches n'a pas trouvé d'information sur les services de soutien offerts aux femmes vivant seules.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Chercheur principal et professeur agrégé, Nordic Africa Institute, Suède. 12 février 2013. Entretien téléphonique avec la Direction des recherches.

États-Unis (É.-U.). 24 mai 2012. Department of State. « Liberia ». Country Reports on Human Rights Practices for 2011. <http://www.state.gov/documents/ organization/186422.pdf> [Date de consultation : 14 févr. 2013]

Libéria. Décembre 2011. Liberia Institute of Statistics and Geo-Information Services. Statistical Bulletin. Vol. 3, no 01. <http://www.lr.undp.org/ Documents/PDF/Statistical_Bulletin.pdf> [Date de consultation : 19 févr. 2013]

Nations Unies. Novembre 2012. Organisation mondiale de la santé (OMS). « Combating Sexual and Gender-Based Violence in Liberia ». <http://www.who.int/features/2012/ psychosocial_support_liberia/en/index.html> [Date de consultation : 11 févr. 2013]

_____. 17 mai 2010. Réseaux d'information régionaux intégrés. « Liberia: Land-rights Tensions not Abating ». <http://www.irinnews.org/Report/89149/LIBERIA-Land-rights-tensions-not-abating> [Date de consultation : 20 févr. 2013]

Professeure d'anthropologie et d'études africaines et latino-américaines, Colgate University, Hamilton, New York. 13 février 2012. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches.

Small Arms Survey. Septembre 2012. Peace without Security: Violence against Women and Girls in Liberia. Issue Brief No. 3. <http://www.smallarmssurvey.org/ fileadmin/docs/G-Issue-briefs/Liberia-AVA-IB3.pdf> [Date de consultation : 11 févr. 2013]

Autres sources consultées

Sources orales : Un agent de recherche à l'Université d'Oxford et des représentants de Medica Mondiale et de Volunteers To Support International Efforts In Developing Africa n’ont pas été en mesure de fournir des renseignements dans les délais voulus. Les tentatives faites pour joindre des professeurs et des représentants des organismes suivants ont été infructueuses : University of Liberia, Northeastern University, Emory University, University of Michigan, ActionAid Liberia, ActionAid Africa, National Women's Commission of Liberia, Foundation for Human Rights and Democracy, Equip Liberia, Women NGOs Secretariat of Liberia, Sirleaf Market Women's Fund, Programme des Nations Unies pour le développement, Association of Female Lawyers of Liberia, Mano River Women's Peace Network.

Sites Internet, y compris : Africa Online; AllAfrica; Association of Female Lawyers of Liberia; Association for Women’s Rights in Development; Banque mondiale; ecoi.net; Equip Liberia; Factiva; Global Development Network; Liberia – Ministry of Gender Development, Ministry of Health & Social Welfare; Mano River Women's Peace Network; Panapress; PeaceWomen; Programme des Nations Unies pour le développement; Rights and Rice Foundation; Training for Peace; Women NGOs Secretariat of Liberia.



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