Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, Ottawa
Les Comités de défense de la révolution (Comités de Defensa de la Revolución - CDR) sont des regroupements locaux de personnes qui existent dans la plupart des quartiers à Cuba (directeur 8 avr. 2010; Human Rights Watch nov. 2009, 51-52).
Selon un article qui se trouve sur le site Web de la Campagne de solidarité avec Cuba (Cuba Solidarity Campaign), organisation basée au Royaume-Uni qui [traduction] « défend le droit à l'auto-détermination et à la souveraineté national du peuple cubain » (Cuba Solidarity Campaign s.d.), il existait environ 133 000 CDR dans le pays au début de l'année 2008 (ibid. 1er janv. 2008). Il est précisé dans cet article que 95,8 p. 100 de la population admissible était membre des CDR à ce moment-là, soit 8 millions de personnes sur une population totale de 11,2 millions (ibid.). Cependant, dans une communication écrite datée du 8 avril 2010, le directeur de l'Institut des études cubaines et cubano-américaines (Institute for Cuban and Cuban-American Studies) de l'Université de Miami affirme que le nombre des membres des CDR est plutôt estimé à 3,5 millions de personnes.
La raison d'être déclarée des CDR lors de leur création dans les années 1960 était de défendre la révolution cubaine face aux forces contre-révolutionnaires dans chaque quartier (professeur d'histoire 7 avr. 2010; Cuba Solidarity Campaign 1er janv. 2008). Selon un professeur d'histoire d'Amérique latine qui est également le directeur du centre de recherche sur Cuba (Centre for Research on Cuba) de l'Université de Nottingham au Royaume-Uni, l'un de leurs rôles était de repérer d'éventuels collaborateurs à une invasion du pays (7 avr. 2010).
Depuis, les CDR sont vus comme jouant un rôle de cohésion sociale dans la communauté (professeur en études urbaines 14 avr. 2010; professeur d'histoire 7 avr. 2010; Cuba Solidarity Campaign 1er janv. 2008). Ils agissent comme forum de discussion et de transmission d'information officielle (directeur 8 avr. 2010; professeur d'histoire 7 avr. 2010).
De plus, les CDR veillent à maintenir la sécurité dans les quartiers (professeur en études urbaines 14 avr. 2010; professeur d'histoire 7 avr. 2010; Cuba Solidarity Campaign 1er janv. 2008). Les membres des CDR informent les autorités sur certaines activités et comportements des membres de la communauté (professeur en études urbaines 14 avr. 2010; directeur 9 avr. 2010). Selon les Country Reports on Human Rights Practices for 2009 du Département d'État des États-Unis et Human Rights Watch, les CDR surveillent la population pour le compte du gouvernement (É.-U. 11 mars 2010, sec. 1f; Human Rights Watch nov. 2009, 52, 96). Cependant, selon un professeur en études urbaines qui a publié un ouvrage sur la vie dans les quartiers cubains, les membres des CDR ne devraient pas être considérés comme des [traduction] « espions du gouvernement » (14 avr. 2010). Selon lui, ce sont plutôt des gens qui habitent dans la communauté et qui signalent à la police et au ministère de l'Intérieur des activités ou comportements qui les inquiètent (professeur en études urbaines 14 avr. 2010).
Conséquences d'un refus de se joindre à un CDR
Il n'est pas obligatoire de se joindre aux CDR (ibid.; directeur 8 avr. 2010; professeur d'histoire 7 avr. 2010) et le fait de ne pas en être membre n'entraîne pas de conséquences officielles (professeur d'études urbaines 14 avr. 2010; professeur d'histoire 7 avr. 2010). Cependant, les sources font état de pressions sociales qui poussent les citoyens cubains à se joindre aux CDR (professeur en études urbaines 14 avr. 2010; professeur d'histoire 7 avr. 2010). Plusieurs personnes se joignent donc aux CDR mais sans participer aux activités de ceux-ci (professeur en études urbaines 14 avr. 2010; professeur d'histoire 7 avr. 2010).
Ceux qui ne s'y joignent pas peuvent être vus comme suspects par rapport à leur attitude envers le gouvernement et la communauté (professeur en études urbaines 14 avr. 2010; directeur 8 avr. 2010). De plus, les CDR peuvent jouer un rôle à titre de références pour des membres qui postulent pour des emplois (professeur en études urbaines 14 avr. 2010; directeur 8 avr. 2010; professeur d'histoire 7 avr. 2010) ou qui veulent poursuivre des études (directeur 8 avr. 2010; professeur d'histoire 7 avril 2010).
Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.
Références
Cuba Solidarity Campaign. 1er janvier 2008. Natasha Hickman. « "In Every Barrio, Revolution!" - CDR Museum Opens ». <http://www.cuba-solidarity.org/cubasi_article.asp?ArticleID=85> [Date de consultation : 7 avr. 2010]
_____. S.d. « Our Aims ». <http://www.cuba-solidarity.org/aims.asp> [Date de consultation : 15 avr. 2010]
Directeur de l'Institut des études cubaines et cubano-américaines, Université de Miami. 9 avril. 2010. Communication écrite.
_____. 8 avril 2010. Communication écrite.
États-Unis (É.-U.). 11 mars 2010. Department of State. « Cuba ». Country Reports on Human Rights Practices for 2009. <http://www.state.gov/g/drl/rls/hrrpt/2009/wha/136108.htm> [Date de consultation : 12 avr. 2010]
Human Rights Watch. Novembre 2009. New Castro, Same Cuba: Political Prisoners in the Post-Fidel Era. <http://www.hrw.org/en/reports/2009/11/18/new-castro-same-cuba-0> [Date de consultation : 12 avr. 2010]
Professeur en études urbaines et directeur du centre d'études urbaines de l'Université de Buffalo. 14 avril 2010. Communication écrite.
Professeur d'histoire d'Amérique latine et directeur du centre de recherche sur Cuba, Université de Nottingham. 7 avril 2010. Communication écrite.
Autres sources consultées
Source orale : Les tentatives faites pour joindre un spécialiste de Cuba à l'université internationale de la Floride ont été infructueuses.
Sites Internet, y compris : Cubasource, Cuba Verdad, European Country of Origin Network (ecoi.net), La Fondation canadienne pour les Amériques (FOCAL), Freedom House, Human Rights Watch, Nations Unies - Refworld, Washington Office on Latin America (WOLA).