Réponses aux demandes d'information

​​​Les réponses aux demandes d’information (RDI) sont des rapports de recherches sur les conditions dans les pays. Ils font suite à des demandes des décideurs de la CISR.

La base de données contient les RDI en français et anglais archivées depuis sept ans. Les RDI antérieures sont accessibles sur le site Web European Country of Origin Information Network.

Les RDI publiées par la CISR sur son site Web peuvent contenir des documents annexés inaccessibles en raison de problèmes techniques et peuvent inclure des traductions de documents initialement rédigées dans d'autres langues que l'anglais ou le français. Pour obtenir une copie d'un document annexé et/ou une version traduite des documents annexés de RDI, veuillez en faire la demande par courriel.

Avertissement

Avertissement

Les réponses aux demandes d'information (RDI) citent des renseignements qui sont accessibles au public au moment de leur publication et dans les délais fixés pour leur préparation. Une liste de références et d'autres sources consultées figure dans chaque RDI. Les sources citées sont considérées comme les renseignements les plus récents accessibles à la date de publication de la RDI.    

Les RDI n'apportent pas, ni ne prétendent apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile donnée. Elles visent plutôt à appuyer le processus d'octroi de l'asile. Pour obtenir plus de renseignements sur la méthodologie utilisée par la Direction des recherches, cliquez ici.   

C'est aux commissaires indépendants de la CISR (les décideurs) qu'il incombe d'évaluer les renseignements contenus dans les RDI et de décider du poids qui doit leur être accordé après avoir examiné les éléments de preuve et les arguments présentés par les parties.    

Les renseignements présentés dans les RDI reflètent uniquement les points de vue et les perspectives des sources citées et ne reflètent pas nécessairement la position de la CISR ou du gouvernement du Canada.    

1 septembre 2009

ERI103224.EF

Érythrée : information sur le traitement réservé aux Jebertis par les autorités gouvernementales (2005-août 2009)
Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, Ottawa

Les Jebertis (Jibertis/Djibertis) sont des musulmans de l’Érythrée dont la langue est le tigrina (ou tigrinya) (Tronvoll 2009, 131; Bariagaber 1er oct. 2006, 18). Dans un rapport approfondi sur les droits de la personne et la situation politique en Érythrée, Kjetil Tronvoll, professeur à l’université d’Oslo, spécialiste des droits de la personne et auteur de nombreux écrits sur les questions se rapportant à la Corne de l’Afrique (Tronvoll 2009, 10), explique que les Jebertis vivent dans les hautes terres de l’Érythrée et dans l’État limitrophe du Tigré en Éthiopie (ibid., 111, 131). M. Tronvoll signale que les résidants dont la langue est le tigrina, concentrés dans les hautes terres, constituent le groupe distinct le plus important en Érythrée et représentent environ la moitié de la population du pays (ibid., 111).

Selon Kjetil Tronvoll, la minorité que forment les musulmans jebertis vivant dans les hautes terres a été [traduction] « marginalisée et persécutée » pendant des siècles par la majorité constituée de chrétiens orthodoxes, ce qui les a poussés à développer une culture distincte de celle des chrétiens parlant tigrina (ibid., 131). M. Tronvoll souligne que les Jebertis sont, pour la plupart, des commerçants et des citadins, du fait que l’accès aux terres agricoles - qui sont majoritairement détenues par des chrétiens orthodoxes -leur a traditionnellement été refusé (ibid., 111).

Kjetil Tronvoll signale qu’avant l’indépendance de l’Érythrée, le gouvernement a accédé à la demande des Jebertis de les reconnaître comme un groupe ethnique distinct (ibid., 132). Toutefois, le fait qu’ils aient obtenu une reconnaissance de la sorte, après avoir milité en ce sens, leur aurait valu la [traduction] « réprobation » du Front populaire de libération de l’Érythrée (FPLE), qui aurait vu la coopération apparente avec le gouvernement de l’Éthiopie comme une preuve que les Jebertis ont une [traduction] « "attitude subversive" vis-à-vis de la lutte de l’Érythrée » pour obtenir son indépendance (ibid.). Selon M. Tronvoll, vers la fin de la guerre ayant mené à la séparation de l’Érythrée d’avec l’Éthiopie, le FPLE [traduction] « a sciemment pris la communauté jebertie pour cible » en faisant assassiner son chef, Yassin Aberra, en janvier 1991 (ibid.).

Kjetil Tronvoll souligne que de nombreux Jebertis se sont exilés à la suite de la déclaration de l’indépendance de l’Érythrée (ibid.). Les Jebertis en exil cherchent encore à ce que le gouvernement de l’Érythrée les reconnaissent officiellement comme un groupe distinct (ibid.; Bariagaber 1er oct. 2006, 18), notamment par l’entremise du parti érythréen al-Nahda, mis sur pied par des Jebertis (Tronvoll 2009, 132; Bariagaber 1er oct. 2006, 18). Le parti érythréen al-Nahda fait partie de l’Alliance démocratique érythréenne (Eritrean Democratic Alliance - EDA), coalition de groupes de l’opposition (Awate.com 20 janv. 2008; GIC 8 janv. 2006; Tronvoll 2009, 132). Selon M. Tronvoll, cette coalition bénéficie de l’appui du gouvernement de l’Éthiopie (ibid.).

Dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches, M. Tronvoll a affirmé que [traduction] « le FPLE ne croyait pas aux groupes minoritaires en soi » et que ces groupes étaient [traduction] « sous-représentés » au sein des institutions du pays (21 août 2009). Il a également déclaré qu’en raison de leur opposition au fait que [traduction] « le FPLE ne les considère que comme des "musulmans tigrinas", [les Jebertis] sont susceptibles d’être pris pour cible par le gouvernement » (Tronvoll 21 août 2009).

M. Tronvoll a affirmé qu’alors que certains Jebertis étaient membres du FPLE nationaliste, avant l’indépendance de l’Érythrée, les dirigeants jebertis traditionnels étaient loyaux envers l’Éthiopie et n’appuyaient pas ce parti (ibid.). Il a ajouté que, depuis la déclaration de l’indépendance de l’Érythrée, les Jebertis [traduction] « craignaient le nouveau gouvernement [et qu’ils] seraient harcelés et intimidés » par le gouvernement de l’Érythrée (ibid.).

Parmi les sources qu’elle a consultées, la Direction des recherches n’a trouvé aucune autre information allant dans ce sens concernant le traitement réservé aux Jebertis.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Awate.com. 20 janvier 2008. « Eritrean Opposition Organizations: New Push Towards Alliance ». <http://www.awate.com/portal/content/view/4742/3> [Date de consultation : 26 août 2009]

Bariagaber, Assefaw. 1er octobre 2006. Eritrea: Challenges and Crises of a New State. (Writenet/Refworld) <http://www.unhcr.org/refworld/pdfid/4538821e4.pdf > [Date de consultation : 19 août 2009]

Gulf Information Center (GIC). 8 janvier 2006. « Eritrean al-Nhada Party: Jebertta is an Ethnic Group with Distinct Peculiarity, Culture and Tradition ». (Togoruba) <http://www.togoruba.org/togoruba1964/mainTogorubamap/mainMap/ headingMap/English/2006/newsJan-2006/0801GIC06-07NE.html> [Date de consultation : 26 août 2009]

Tronvoll, Kjetil, professeur spécialisé en droits de la personne, Université d’Oslo, Norvège. 21 août 2009. Communication écrite envoyée à la Direction des recherches.

_____. 2009. The Lasting Struggle for Freedom in Eritrea: Human Rights and Political Development, 1991-2009. À la demande du Oslo Center for Peace and Human Rights. (Awate.com) <http://www.awate.com/portal/content/view/5269/6/> [Date de consultation : 20 août 2009]

Autres sources consultées

Sources orales : Les tentatives faites pour joindre l’ancien dirigeant d’un centre de défense des droits de la personne en Érythrée et des représentants de Minority Rights Group International ont été infructueuses.

Sites Internet, y compris : Amnesty International (AI), Association of Eritrean Jeberti in North America (AEJNA), Association for the Defense of Human Rights of the Eritrean People, Arkokabay.com, États-Unis - Department of State, Jeberti.com, Human Rights Concern - Eritrea, Human Rights Watch (HRW), European Country of Origin Information Network (ecoi.net), International Crisis Group, Minority Rights Group International (MRG), Nharnet.com, Royaume-Uni - Border Agency, SUWERA Centre for Human Rights (SCHR), Tigrai.net.



​​​