Colombie : information sur l’enrôlement forcé d’Afro-Colombiens par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia - FARC) et les groupes paramilitaires; information indiquant si les Afro-Colombiens sont ciblés à des fins d’enrôlement (2006-juin 2008)
Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, Ottawa
Au cours d’un entretien téléphonique le 21 juillet 2008 avec la Direction des recherches, un représentant de l’association des Afro-Colombiens déplacés (Asociación de Afro-Colombianos Desplazados USA - AFRODES USA), créée en 2003 et dont le siège est à Washington, a signalé que des Afro-Colombiennnes et des Afro-Colombiens sont recrutés tant par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Fuerzas Armadas Revolucionnarias de Columbia - FARC) que par les groupes paramilitaires. Luis Gilberto Murillo Urrutia, ancien gouverneur du département de Chocó et agrégé supérieur de recherches en politique internationale au Phelps Stokes Fund, a lui aussi donné des renseignements allant en ce sens au cours de son témoignage présenté le 24 avril 2007 au comité des affaires étrangères de la chambre des représentants (House Committee on Foreign Affairs) des États-Unis, affirmant que dans les municipalités de Tumaco, de Quibdó et de Buenaventura, des jeunes Afro-Colombiens sont recrutés par des groupes armés illégaux (Murillo Urrutia 24 avr. 2008, sect. 4).
Selon le représentant d’AFRODES USA, des groupes illégaux recourent [traduction] « à la violence » pour recruter, et menacent les familles afin de forcer les mineurs à joindre leurs rangs (21 juill. 2008). Le représentant a ajouté que les groupes offrent également à l’occasion des incitations financières aux recrues (AFRODES USA 21 juill. 2008). Le représentant a déclaré qu’au cours des trois à cinq dernières années, le niveau de violence lié aux activités de recrutement des FARC et des groupes paramilitaires avait augmenté (ibid.). Avant cette période, les méthodes de recrutement mettaient l’accent sur la rémunération; l’adhésion à un groupe de guérilleros ou de paramilitaires constituait ainsi un moyen de gagner sa vie (ibid.).
Selon le comité pour les droits de la personne en Colombie (Colombia Human Rights Committee), organisation dont le siège est à Washington, l’augmentation du nombre de jeunes Afro-Colombiens qui se joignent volontairement à des groupes armés légaux ou illégaux, ou qui sont forcés de s’y joindre, est liée à leur accès limité à l’éducation et au marché de l’emploi (5 mai 2008).
Le représentant d’AFRODES USA a fait remarquer que le recrutement des jeunes par les FARC, les paramilitaires, la police et l’armée dans la ville de Buenaventura se fait [traduction] « de façon très violente » (21 juill. 2008). Des Afro-Colombiens sont également recrutés par les groupes de guérilleros et de paramilitaires le long de la côte de l’Atlantique, surtout dans les départements de Chocó, de Bolivar, de Sucre et de Nariño (AFRODES USA 21 juill. 2008), où les Afro-Colombiens sont relativement nombreux (ibid.).
Selon Amanda Romero-Medina, spécialiste des droits de la personne en Colombie qui a fait une présentation à la conférence organisée en mars 2007 par Droits et Démocratie, le réseau latino-américain d’éducation et de recherche en matière des droits de la personne (Red Latinoamericana para la Educación e Investigación sobre Derechos Humanos - RedLEIDH) et le centre de recherche sur l’Amérique latine et les Caraïbes (Centre for Research on Latin America and the Caribbean - CERLAC), l’enrôlement forcé dans les rangs des groupes armés a augmenté dans certaines régions de la Colombie, notamment dans les départements de Chocó, d’Arauca, de Nariño et de César (CERLAC déc. 2007, 45). Elle a ajouté ce qui suit :
[traduction]
Plus les groupes armés exercent des pressions sur les membres d’une collectivité, surtout les jeunes, pour qu’ils rejoignent leurs rangs, plus les jeunes, qui ne veulent pas être considérés comme des collaborateurs ni être enrôlés par la force, se sentent obligés de migrer à l’extérieur de leur collectivité d’origine, principalement pour trouver un moyen de subsistance dans les centres urbains (ibid.).
Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais fixés. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous les sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.
Références
Asociación de Afrocolombianos Desplazados USA (AFRODES USA). 21 juillet 2008. Entretien téléphonique avec un représentant.
Centre for Research on Latin America and the Caribbean (CERLAC). Décembre 2007. Ethnicity, Violence and Exclusion in Colombia: The Struggles of Colombia's Indigenous and Afro-Colombian People. <http://www.yorku.ca/cerlac/documents/Colombia_conf.pdf> [Date de consultation : 21 mai 2008]
Colombia Human Rights Committee. 5 mai 2008. Communication écrite envoyée par un représentant.
Murillo Urrutia, Luis Gilberto. 24 avril 2007. Testimony of Luis Gilberto Murillo-Urrutia Former Governor, State of Choco, Colombia, Senior Fellow on International Policy, Phelps Stokes Fund, Before the House Committee on Foreign Affairs, Subcommittee on Western Hemisphere - Hearing on "U.S.-Colombia Relations". (GlobalSecurity.org) <http://www.globalsecurity.org/military/library/congress/2007_hr/070424-urrutia.htm> [Date de consultation : 21 mai 2008]
Autres sources consultées
Sites Internet, y compris : Alto Comisionado para la Paz; Amnesty International (AI); Associated Press (AP); Coalición contra la Vinculación de Niños, Niñas y Jóvenes al Conflicto Armado de Colombia; Coalico; Coalition pour mettre fin à l’utilisation d’enfants soldats; El Colombiano; Comisión Colombiana de Juristas; Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH); Consultoría para los Derechos Humanos y el Desplazamiento (CODHES); Council on Hemispheric Affairs <http://www.coha.org>; Dialog; Equipo Nizkor; États-Unis - Department of State; Global IDP Project; Human Rights First; Internal Displacement Monitoring Center (IDMC); International Crisis Group; Nations Unies - Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF); Nations Unies - Haut Commissariat aux droits de l’homme (HCDH); Nations Unies - Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR); Nations Unies - Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD); Refugee International; ReliefWeb; Save the Children; Washington Office on Latin America (WOLA); Y Care International.