Réponses aux demandes d'information

​​​Les réponses aux demandes d’information (RDI) sont des rapports de recherches sur les conditions dans les pays. Ils font suite à des demandes des décideurs de la CISR.

La base de données contient les RDI en français et anglais archivées depuis sept ans. Les RDI antérieures sont accessibles sur le site Web European Country of Origin Information Network.

Les RDI publiées par la CISR sur son site Web peuvent contenir des documents annexés inaccessibles en raison de problèmes techniques et peuvent inclure des traductions de documents initialement rédigées dans d'autres langues que l'anglais ou le français. Pour obtenir une copie d'un document annexé et/ou une version traduite des documents annexés de RDI, veuillez en faire la demande par courriel.

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Les réponses aux demandes d'information (RDI) citent des renseignements qui sont accessibles au public au moment de leur publication et dans les délais fixés pour leur préparation. Une liste de références et d'autres sources consultées figure dans chaque RDI. Les sources citées sont considérées comme les renseignements les plus récents accessibles à la date de publication de la RDI.    

Les RDI n'apportent pas, ni ne prétendent apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile donnée. Elles visent plutôt à appuyer le processus d'octroi de l'asile. Pour obtenir plus de renseignements sur la méthodologie utilisée par la Direction des recherches, cliquez ici.   

C'est aux commissaires indépendants de la CISR (les décideurs) qu'il incombe d'évaluer les renseignements contenus dans les RDI et de décider du poids qui doit leur être accordé après avoir examiné les éléments de preuve et les arguments présentés par les parties.    

Les renseignements présentés dans les RDI reflètent uniquement les points de vue et les perspectives des sources citées et ne reflètent pas nécessairement la position de la CISR ou du gouvernement du Canada.    

2 août 2007

GIN102575.EF

Guinée : information sur les mariages intertribaux, en particulier entre les Malinkés et les Peuls, y compris la manière dont ces mariages sont considérés; protection offerte par l'État aux couples si les parents s'opposent à un mariage mixte
Direction des recherches, Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada, Ottawa

La population de la Guinée est constituée de plusieurs groupes ethniques qui tendent chacun à vivre dans une région géographique particulière du pays (É.-U. avr. 2007). Les Peuls représentent 38,7 p. 100 de la population (Europa 2006) et vivent dans les hautes terres du Fouta Djallon, (É.-U. avr. 2007). Les Malinkés représentent 23,3 p. 100 de la population (Europa 2006) habitent généralement dans la savane et dans la forêt (É.-U. avr. 2007). Selon les Country Reports on Human Right's Practices for 2006 du Département d'État (Department of State) des États-Unis, [traduction] " même si la loi interdit la discrimination fondée sur la race ou l'ethnie, la caractérisation ethnique était forte " en 2006 (6 mars 2007). Les Country Reports 2006 ajoutent que [traduction] " les mariages mixtes sont relativement peu fréquents " (É.-U. 6 mars 2007).

Une anthropologue qui a rédigé sa thèse de doctorat sur le mariage mixte en Guinée en 2005 a parlé de son travail dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches (28 juin 2007). Cette anthropologue est conseillère technique principale pour une entreprise des États-Unis qui fournit une aide technique et d'autres services à des projets de développement internationaux partout dans le monde, y compris en Afrique (Initiatives 26 févr. 2007).

L'anthropologue a constaté que [traduction] " même si les mariages entre personnes d'ethnies ou de statuts différents représentent encore une petite proportion des mariages, les mariages de ce type sont de plus en plus courants " (28 juin 2007). Plus précisément, l'anthropologue a constaté que les registres des mariages montrent que les mariages mixtes représentaient 0 p. 100 des mariages dans les années 1930 et qu'ils représentaient 17 p. 100 des mariages dans les années 1990 (anthropologue 28 juin 2007).

En ce qui concerne les Peuls, l'anthropologue a précisé dans une communication écrite envoyée à la Direction des recherches que [traduction] " Fulbe est le terme qu'ils utilisent pour se désigner eux-mêmes " (28 juin 2007). L'anthropologue, dont la recherche a porté sur les mariages mixtes chez les Fulbe (Peuls) des hautes terres du Fouta Djallon, a constaté que les mariages entre Malinkés et Fulbe (Peuls) représentent environ la moitié de tous les mariages mixtes dans la région (28 juin 2007).

En ce qui concerne la manière dont les mariages mixtes sont considérés en Guinée, l'anthropologue a dit ce qui suit dans une communication écrite en date du 28 juin 2007 envoyée à la Direction des recherches.

[traduction]

[L]es mariages mixtes sont vus différemment en fonction de l'endroit et de la population. Ces mariages seraient mieux acceptés en ville qu'à la campagne ou mieux acceptés par les personnes éduquées et par l'élite que par les pauvres - et dans certains cas, ils sont mieux acceptés par les pauvres que par l'élite. Conakry, comme de nombreuses capitales, est un mélange de peuples. Certains groupes ethniques peuvent se montrer plus ouverts que d'autres. Toutefois, je n'en sais pas plus sur les groupes autres que les Fulbe.

[E]n plus de l'appartenance ethnique, le statut social a aussi son importance. Un homme malinké et une femme fulbe (peule) tous deux de la noblesse peuvent se marier sans trop de problèmes. Il existe en fait de nombreux précédents dans ce cas-là. Lorsqu'il y a une différence de statut social - l'un de descendance roturière et l'autre de descendance noble ou libre - les choses se compliquent nettement. Mais encore une fois, cela dépend beaucoup des familles. Une famille ne comptant qu'un seul fils peut vouloir maintenir une homogénéité du point de vue ethnique et social et peut être très contrariée à l'idée d'avoir une belle-fille non-fulbe (ou de toute autre ethnie). Il existe bien sûr d'innombrables scénarios autres. Je n'affirmerais pas que les Fulbe sont généralement contre le fait de se marier avec un Malinké ou vice-versa. La majorité des gens auxquels j'ai parlé avaient le sentiment que les mariages entre Malinkés et Fulbe sont convenables quoique les mariages entre Fulbe seraient préférables.

En ce qui concerne la protection offerte par l'État, l'anthropologue a affirmé de qui suit :

[traduction]

[...] [L']État guinéen est si affaibli qu'il est incapable d'appliquer les lois en vigueur ni de protéger ses citoyens de façon constante ou fiable. Les tribunaux devraient ou voudraient maintenir une union mixte, mais il n'y a aucune " protection " efficace offerte par l'État en tant que tel - si, par " protection ", vous entendez des ordonnances d'injonction et des mesures de ce genre. Les tribunaux peuvent prendre de telles mesures, mais il n'y a que très peu de moyens de les faire appliquer.

Le président de l'Organisation guinéenne pour la défense des droits de l'homme (OGDH) a fourni l'information suivante lors d'un entretien téléphonique avec la Direction des recherches, le 3 juin 2004. Selon lui, les mariages mixtes ne créent habituellement pas de graves problèmes, sauf dans certaines familles, où les parents de l'homme ou de la femme s'y opposent. En général, les problèmes surviennent dans le cas de religions (chrétiens et musulmans) ou de classes sociales différentes, plutôt que dans le cas de groupes ethniques différents. Un couple qui décide de se marier malgré l'opposition de leurs parents risque d'être rejeté par leur famille. Il peut même se produire des cas où les proches contrariés deviennent violents. Dans les cas de menaces ou de violences de la part d'un parent qui s'oppose au mariage mixte, le président a signalé que le problème se règle habituellement dans la famille et que la police se tient à l'écart, à moins qu'il y ait des blessures graves. Le président a terminé en affirmant que, en Guinée, les coutumes sont plus respectées que les dispositions du code pénal.

Cette réponse a été préparée par la Direction des recherches à l'aide de renseignements puisés dans les sources qui sont à la disposition du public, et auxquelles la Direction des recherches a pu avoir accès dans les délais prescrits. Cette réponse n'apporte pas, ni ne prétend apporter, de preuves concluantes quant au fondement d'une demande d'asile. Veuillez trouver ci-dessous la liste des autres sources consultées pour la réponse à cette demande d'information.

Références

Anthropologue. 28 juin 2007. Communication écrite.

États-Unis (É.-U.). Avril 2007. Department of State, Bureau of African Affairs. " Background Note: Guinea ". <http://www.state.gov/r/pa/ei/bgn/2824.htm> [Date de consultation : 27 juin 2007]

_____. 6 mars 2007. Department of State. " Guinea ". Country Reports on Human Rights Practices for 2006. <http://www.state.gov/g/drl/rls/hrrpt/2006/78738.htm> [Date de consultation : 27 juill. 2006]

Europa World Online. 2006. " Guinea: Area and Population ". <http://www.europaworld.com/pub/> [Date de consultation : 4 juill. 2007]

_____. 2006. " Guinea: Recent History ". <http://www.europaworld.com/pub/> [Date de consultation : 4 juill. 2007]

Initiatives Inc. 26 février 2007. " About Us ". <http://www.initiativesinc.com/about/staff/indiaStaff.htm> [Date de consultation : 2 août 27]

Organisation guinéenne pour la défense des droits de l'homme (OGDH). 3 juin 2004. Entretien téléphonique avec le président.

Autres sources consultées

Publications : Africa Research Bulletin, Africa Confidential.

Sites Internet, y compris : AllAfrica.com, Amnesty International, British Broadcasting Corporation, Freedom House, Global Security, gouvernement de Guinée, Human Rights Watch, Réseaux d'information régionaux intégrés (IRIN).



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